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La "polypill" 4 en 1 permet de réduire le risque cardiovasculaire en vie réelle

L'essai PolyIran visait à évaluer une association fixe aspirine-statine-antihypertenseur-diurétique en prévention cardiovasculaire sur des populations turkmènes du nord de l'Iran. Sur cinq ans, la "polypill" a permis de réduire d'environ 40 % le risque d'événement cardiovasculaire majeur dans les villages où elle était employée.

 

La "polypill", ou association fixe de médicaments, offre d'intéressantes perspectives dans la prévention des maladies cardiovasculaires : en agissant sur plusieurs facteurs de risque via une prise médicamenteuse unique, elle permet une meilleure observance et une réduction des coûts de prise en charge. Les résultats de l'essai PolyIran, récemment publiés dans The Lancet, viennent confirmer l'intérêt de cette démarche à grande échelle.

Les chercheurs ont suivi environ 7000 participants dans le Golestan, une province du nord de l'Iran. La population était âgée de 50 à 75 ans et essentiellement composée de turkmènes vivant en milieu rural. Dans cet essai pragmatique, c'étaient non pas les individus mais les villages qui étaient tirés au sort. En plus de conseils de prévention, la population d'étude (3421 sujets) s'est vu prescrire une "polypill" journalière contenant de l'aspirine (81 mg), une statine (atorvastatine 20 mg), et un antihypertenseur (un IEC, énalapril 5 mg, ou à défaut un sartan, valsartan 40 mg) associé à un diurétique (hydrochlorothiazide 12,5 mg).

Par rapport à la population contrôle (qui n'a reçu que des conseils de prévention), la pilule "quatre-en-un" a permis de réduire d'un tiers le risque d'événement cardiovasculaire majeur sur cinq ans (HR = 0,66) : - 40 % en prévention primaire (pas d'antécédents connus sur cinq ans) et – 20 % en prévention secondaire. L'effet protecteur était présent quel que soit le sexe ou la tranche d'âge du patient, et demeurait sensible (HR = 0,78) après avoir ajusté le modèle pour la prise de médicaments cardiovasculaires hors-essai.

L'adhésion au traitement était bonne, 63 % des participants faisant état d'une taux d'observance élevé (supérieur à 70 %). En limitant l'analyse à ces seuls participants, l'association fixe aspirine-statine-antihypertenseur a réduit le risque cardiovasculaire de moitié (HR = 0,43), ce qui correspond à un nombre de patients à traiter de 21 pour 1 événement évité.

Une stratégie prometteuse

Pour l'heure, aucun résultat significatif n'a encore pu être mis en évidence au plan de la mortalité. Il faudra donc attendre des résultats de plus long terme pour obtenir la confirmation définitive de l'intérêt de l'association fixe en prévention cardiovasculaire.

Du point de vue des effets indésirables, les groupes intervention et contrôle ont obtenu des résultats similaire. Les chercheurs avaient néanmoins pris le soin d'exclure les individus à haut risque hémorragique du groupe intervention, afin de limiter l'impact potentiel de la prise régulière d'aspirine.

"Du fait de son coût modique, la 'polypill' a un potentiel considérable", a commenté le Pr Nizal Sarrafzadegan, professeur de cardiologie à l'université d'Ispahan et co-auteur de l'étude, dans un communiqué. "Plus des trois-quarts des 18 millions de personnes qui meurent chaque année de maladies cardiovasculaires vivent dans des pays à revenus faible ou modérés, et une stratégie d'association fixe bien choisie pourrait jouer un rôle clé pour atteindre l'objectif ambitieux de l'ONU de réduire la mortalité cardiovasculaire d'un tiers d'ici 2030."

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