Maladies cardiovasculaires : vers de nouvelles stratégies pour la prévention | egora.fr
PUB

Vous êtes ici

A+ A-

Maladies cardiovasculaires : vers de nouvelles stratégies pour la prévention

BILAN ET PERSPECTIVES - S’il y a eu peu de nouveautés thérapeutiques en 2018, des résultats d’études cliniques présentées ou attendues pourraient avoir des répercussions sur les pratiques. Le Pr Nicolas Danchin*, du service de cardiologie de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou (AP-HP, Paris), fait le point.

 

 

Egora - Le Panorama du médecin : Quelles ont été les nouveautés thérapeutiques en 2018 en cardiologie ?

Pr Nicolas Danchin (DR)

Pr Nicolas Danchin : En fait, si on commence il y a exactement un an à l’AHA [American Heart Association, NDLR] de 2017, trois éléments sont particulièrement intéressants. Le premier, c’est l’étude Cantos avec le canakinumab, qui est un inhibiteur d’IL-1bêta donc un anti-inflammatoire spécifique. C’est la première étude qui est réellement positive avec un anti-inflammatoire chez des patients en prévention secondaire de la maladie coronaire. Nous savons depuis très longtemps que l’inflammation participe au processus d’athérosclérose mais jusqu’ici toutes les tentatives pour évaluer des anti-inflammatoires étaient négatives. Les résultats de Cantos sont modestes mais ils montrent qu’il est possible avec un anti-inflammatoire de ralentir l’évolutivité de la maladie, et ses complications. C’est conceptuellement intéressant.

La deuxième étude, présentée cette année en mars, c’est Odyssey Cardiovascular Outcome avec l’alirocumab, un anticorps dirigé contre la proprotéine convertase subtilisine/kexine de type 9 (Pcsk9), qui inhibe la dégradation du LDL-C par les hépatocytes. Dans cette étude, on observe une baisse des accidents ischémiques et une réduction assez importante, de 15 %, de la mortalité globale chez des patients en post syndrome coronaire aigu traités par l’alirocumab. Cette molécule n’a pas encore cette indication mais on peut gager qu’elle l’aura. On peut aussi imaginer qu’elle puisse être utilisée chez les patients intolérants vrais aux statines, devant lesquels les cardiologues se trouvent très démunis.

Et puis la troisième nouveauté, c’est l’étude Reduce-IT avec des oméga-3 à forte dose (4 g/J d’acide eicosapentaénoïque) chez plus de 8000 patients à haut risque cardio-vasculaire, sous statines, en prévention primaire et secondaire. Jusqu’ici, toutes les études avec les oméga-3 étaient négatives ou discutables. Celle-ci est très positive avec une réduction de 26 % des événements cardio-vasculaires, de 20 % de la mortalité cardio-vasculaire et de 13 % de la mortalité globale. C’est venu un peu comme une surprise, et personnellement je pense que le facteur le plus important de ces résultats c’est probablement la dose, beaucoup plus importante que dans toutes les études précédentes.

 

Voilà pour la maladie athéroscléreuse, et pour le reste de la cardiologie ?

Pour le reste, il y a une nouveauté thérapeutique qui à mon avis est appelée avoir des conséquences importantes. C’est un médicament qui s’appelle le tafamidis, utilisé en...

Sources : 
D’après un entretien avec le Pr Nicolas Danchin* (Hôpital Européen Georges Pompidou, AP-HP, Paris).

D'accord, pas d'accord ?
Débattez-en avec vos confrères.

Vous n'avez pas de compte ?

Inscrivez-vous gratuitement
Egora vous recommande également : 

 

Site d’informations médicales et professionnelles,
Egora.fr s’adresse aux médecins, étudiants des facultés de médecine et professionnels de santé (infirmier, kiné, dentiste…). Nous traitons des sujets qui font le quotidien des médecins généralistes (démographie médicale, consultation, rémunération, charges, relations avec la CPAM, FMC, remplacement, annonces) et plus largement de tout ce qui concerne l’actualité santé : pathologies, médicaments, hôpital, recherche, sciences…