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HTA : la mesure par appareil manuel dépassée ?

Une étude menée par des chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) révèle que plus de la moitié des médecins de famille au Canada utilisent encore des appareils manuels pour mesurer la pression artérielle.

Au cours du printemps 2016, l’équipe de Janusz Kaczorowskin auteur principal de cette étude parue dans la revue Canadian Family Physician, a mené un sondage auprès des médecins de famille du Canada. Près de 770 questionnaires valides ont été analysés. Il en ressort que 52 % des répondants ont indiqué utiliser un tensiomètre manuel pour mesurer la pression artérielle. Seulement 43 % privilégiaient un appareil automatique. Or, pour les auteurs de cette étude, la méthode manuelle est source d’erreur. "Environ 20 % des gens qui suivent un traitement pour l’hypertension n’ont pas réellement de problème et n’auraient pas besoin de médication. Cela s’explique surtout parce que la tension artérielle a été mal mesurée", assure Janusz Kaczorowski (CRCHUM).

"Les cliniciens devraient utiliser des appareils automatiques. C’est plus cher, mais c’est plus précis parce qu’on fait plusieurs mesures. L’évaluation manuelle est correcte si c’est bien fait, mais souvent c’est mal fait. Pour prendre la tension artérielle de façon correcte, il faut compter 12 à 15 minutes. On sait que la visite moyenne avec un médecin de famille dure 10 minutes. Il faut repenser l’organisation des consultations pour laisser le patient tout seul dans un bureau pendant la prise de mesure", poursuit Janusz Kaczorowski. Il met en outre en avant le fait que les mesures automatiques ont l’avantage d’éliminer en bonne partie ce qu’on appelle le syndrome de la blouse blanche.

"La méthode manuelle de mesure implique que le soignant pose le stéthoscope au bon endroit sur le bras et surtout, qu’il ait une bonne audition pour percevoir les pulsations", détaille auprès du Figaro le Dr Nicolas Postel-Vinay, médecin à l’unité d’hypertension artérielle à l’Hôpital Pompidou à Paris (AP-HP), qui souligne que les professionnels de santé ont tendance à arrondir les chiffres à l'entier supérieur. "C’est en multipliant le nombre de mesures que l’on obtient une meilleure précision", ajoute-t-il.

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