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Le stress lié au décès du conjoint est un risque cardiovasculaire

Un stress important peut favoriser la survenue d’un événement cardiovasculaire, notamment un syndrome coronarien aigu, en particulier si ce stress survient chez un individu prédisposé à un tel événement en raison de facteurs de risque cardiovasculaire. En revanche, un stress peut-il avoir un impact sur le risque de survenue d’une fibrillation atriale ? A cette question répond une étude danoise publiée dans une revue en ligne du groupe The BMJ, Open Heart.

Les auteurs (Aarhus University, Danemark) ont mené une étude populationnelle cas-témoins en ayant recours au registre national de santé afin d’explorer le risque de survenue d’une fibrillation atriale (FA) dans l’année suivant le décès du conjoint. Le choix des auteurs d’explorer spécifiquement ce lien s’explique par le niveau de stress occasionné par un tel événement et l’âge auquel un homme ou une femme est le plus souvent confronté à un tel deuil, âge généralement avancé où l’apparition d’une FA est un événement assez courant.

Entre 1995 et 2014, 88 612 cas de FA ont été identifiés, les auteurs les ont confrontés à 886 120 témoins appariés pour l’âge et le sexe. Un modèle de régression logistique a été utilisé pour calculer l’odds ratio (OR) ajusté de FA, avec un intervalle de confiance de 95%.

La perte du conjoint est un événement auquel ont été confrontés 17 478 cas et 168 940 témoins. Le risque d’apparition d’une FA faisant l’objet d’un diagnostic en milieu hospitalier est maximal dans les 8 à 14 jours suivant le deuil, avec un OR de 1.90 (1.34 – 2.69), soit un quasi doublement du risque. Ce risque de survenue d’une FA était plus important encore durant cette période chez les individus de moins de 60 ans (OR 2.34 ; 1.02 – 5.40) et confronté à un deuil imprévu, générateur d’un niveau de stress plus important que celui lié à un décès prévisible en raison d’une affection évolutive grave. Ce risque d’apparition d’une FA dans la suite d’un deuil diminue ensuite au fil des semaines pour rejoindre un an après l’événement générateur d’un stress important, le niveau de risque observé en population générale.

Sources : 

Simon Graff et coll. Long-term risk of atrial fibrillation after the death of a partner. Open Heart, doi:10.1136/ openhrt-2015-000367, published online 5 April 2016.

http://openheart.bmj.com/content/3/1/e000367

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