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Amiante : 1100 nouveaux cas de mésothéliomes chaque année en France

Les mésothéliomes pleuraux constituent l'un des plus grands scandales de santé publique car, malgré l’interdiction de l’amiante le 1er janvier 1997, ils continuent d’augmenter du fait de l’effet différé de l’exposition à ce toxique, qui peut aller de 30 à 40 ans.

Un programme national de surveillance du mésothéliome pleural (PNSM) a été mis en place dès 1998, dont les résultats à 20 ans viennent d’être présentés par Santé publique France. Ils mettent en évidence que ces cancers sont toujours de plus en plus nombreux ; et que cette augmentation est d’autant plus marquée chez les femmes avec un doublement des cas en 20 ans pour atteindre 310 cas par an. Globalement, sur la période 2015-2016, 1 100 nouveaux cas sont survenus en France annuellement, dont 27% de femmes.

Les expositions professionnelles correspondent à la grande majorité des causes chez l’homme (plus de 9 cas sur 10). En revanche, chez les femmes, les expositions professionnelles à l’amiante ne correspondent qu’à 40% des cas ; 35% ont été exposées en dehors du travail (via le fait de résider avec des conjoints ou parents exposés professionnellement, d’expositions domestiques avec des objets ou matériaux de construction, des lieux de vie contenant de l’amiante, ou via le bricolage). Cependant, pour 25% des femmes, on ne retrouve aucune de ces expositions.

D’importantes disparités géographiques sont aussi constatées, notamment en lien avec l’hétérogénéité des situations exposantes. Les incidences les plus importantes sont constatées dans les régions du Nord, Nord-ouest et Sud Est.

Le rapport montre par ailleurs que le recours aux dispositifs d’indemnisation reste insuffisant, concernant seulement 27% des personnes sous le régime général de sécurité sociale (RGSS), et 53% des cas hors RGSS. Ceci souligne la nécessité de "mieux informer les professionnels de santé et leurs patients sur les possibilités en termes d’indemnisation", reconnait Santé publique France.

Pour renforcer la prévention et améliorer encore le système de surveillance, l’agence sanitaire propose un nouveau dispositif, le "Dispositif national de surveillance des mésothéliomes", intégrant le PNSM et la DO (déclaration obligatoire). L’objectif est de "moderniser et optimiser la surveillance de tous les mésothéliomes (plèvre, péritoine…) sur le territoire national, de l’adapter aux nouveaux enjeux, d’optimiser le dispositif d’enquêtes et de renforcer l’articulation avec les travaux de recherche" affirment  les auteurs du rapport. "Le DNSM permettra de simplifier et renforcer les interactions avec les acteurs en charge de la surveillance des mésothéliomes en France. Son déploiement permettra de disposer d’un système réactif de surveillance afin de renforcer et d’adapter la prévention des risques professionnels d’exposition à l’amiante. Il permettra également de répondre aux besoins d’améliorer les connaissances sur les facteurs de risque environnementaux", confirme Sébastien Denys, Directeur Santé environnement et santé travail à Santé publique France.

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