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Asthme pédiatrique : un coupable, le rhinovirus

[CONGRES FRANCOPHONE D'ALLERGOLOGIE] Les infections respiratoires à rhinovirus augmentent, chez l’enfant, le risque de développer un asthme et favorisent l’apparition des exacerbations.

Le Dr Antoine Deschildre, pédiatre au CHRU de Lille, a insisté sur le rôle majeur des virus dans l’asthme, en particulier des rhinovirus. La cohorte néonatale Coast, qui a suivi 217 enfants avec des antécédents familiaux d’atopie, a révélé que "le risque d’asthme était triplé, à l’âge de 13 ans, en cas d’infection à rhinovirus avec wheezing aux cours des 3 premières années de vie", a-t-il rappelé (1). S’agissant du virus respiratoire syncytial (VRS), il semble que "s’il peut favoriser l’apparition de manifestations respiratoires récurrentes dans la petite enfance, ce risque s’estompe avec le temps. Et, seules les infections sévères à VRS paraissent prédisposer à la survenue ultérieure d’un asthme".

"Les virus sont aussi les principaux facteurs déclenchants des exacerbations d’asthme pédiatrique, dans une proportion de 60% à près de 100 % selon les séries et l’âge de l’enfant, des rhinovirus étant là aussi le plus souvent identifiés." Des phénotypes variés d’asthme pédiatrique existent, en fonction des réponses immunologiques aux rhinovirus, avec des asthmes associés à un défaut d’immunité innée antivirale, et d’autres associés à une allergie, apparaissant en général plus tardivement et se traduisant par moins d’exacerbations (2).

 

Un traitement préventif ?

Comment traiter ces asthmes associés à des infections virales, qui peuvent être source "d’épidémies" d’exacerbations à l’automne ?

L’étude Prose, menée chez 513 enfants asthmatiques allergiques de 6 à 17 ans, a suggéré qu’un traitement de 4/6 semaines d’omalizumab (Xolair, Novartis) initié avant la rentrée scolaire et poursuivi 90 jours pourrait prévenir les exacerbations sévères en comparaison d’un placebo (11,3 % versus 21,0 % durant l’automne) (3). Cet effet protecteur était globalement similaire, comme l’a montré un autre bras de l’étude, à celui procuré par un doublement du traitement corticoïde inhalé avant la rentrée scolaire (8,4 % contre 11,1 %). Mais, l’anti-IgE était plus actif que la corticothérapie inhalée intensifiée dans la population des patients exacerbateurs, l’effet de réduction des exacerbations, induit par l’omalizumab, étant associé à une augmentation de la réponse interféron α aux rhinovirus.

 

  1. Rubner FJ, et al. J Allergy Clin Immunol 2017 ; 139 : 501-7.
  2. Custovic A, et al. Am J Respir Crit Care Med. 2018 ; 197 : 1265-1274.
  3. Teach SJ, et al. J Allergy Clin Immunol. 2015 ; 136 : 1476-1485.
Sources : 
D’après la communication de A. Deschildre (Lille), lors du 14e Congrès francophone d’allergologie (Paris, 10-16 avril 2019). 

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