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La touche «stop»
Article paru le : Lundi 5 Octobre 2009

PANORAMA DU MEDECIN - 05.10.09
Catherine Le Borgne

Fin du suspens. La veille de la présentation du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2010, la liste des vingt-six directeurs «préfigurateurs» des futures agences régionales de santé (ARS) a été présentée au Conseil des ministres par Roselyne Bachelot. Du «beau linge», comme on dit, en suivant du doigt la liste des heureux élus : un ancien ministre, la patronne de la mise en place de la tarification à l´activité au ministère de la Santé, un directeur national de réseau mutualiste, un directeur de la santé d´une caisse nationale de Sécurité sociale, des directeurs d´agence régionale de l´hospitalisation, de caisses d´assurance maladie, de Ddass ou de Drass. Des préfets et sous-préfets, des médecins, deux «prises» issues du privé… Un casting soigneusement concocté par la ministre de la Santé elle-même, qui a confié avoir reçu un à un les impétrants de la short list. Intérêt majeur, puisque ces omnipréfets sanitaires, en charge de construire sur le terrain l´architecture de la loi Hôpital, patients, santé et territoires (Hpst), seront les artisans de l´échec ou du succès de la réforme.

Et leur tâche sera herculéenne, puisqu´on leur demande de composer la partition commune qu´auront à exécuter demain (on espère sans trop de couacs), les transfuges de sept administrations ou assimilées condamnées à fusionner alors qu´elles n´ont pas de culture professionnelle commune. Certaines ARS pourront compter jusqu´à 1 500 fonctionnaires, et l´on se demande si chacune de ces vingt-six personnalités d´expérience arrivera à dépasser son écrasante tâche de gestionnaire pour se muer en représentant éclairé de l´État stratège. Et devenir à l´échelle de la région l´interlocuteur crédible, respecté et unique des professionnels de santé libéraux et des hospitaliers, des acteurs du secteur médico-social et de la santé publique.

Enfin, on peut s´interroger sur la réalité du changement induit par les ARS pour les médecins libéraux, et pour les patients en ces périodes de désertification médicale. Certes, en l´état actuel de la loi, le schéma régional d´organisation sanitaire et social (Sross) des installations en libéral n´est pas opposable, et le législateur laisse trois ans à la profession pour démontrer que l´autorégulation des installations fonctionne, grâce à des mesures incitatives. Mais ensuite… En cas d´échec, le législateur n´aura qu´à adopter un articulet de loi pour mettre un terme à la liberté d´installation tant chérie des médecins. Ceint de son écharpe, il sera alors soutenu par les patients – ses électeurs. Et l´élu qu´il est n´hésitera pas un seul instant à enclencher la touche «stop». L´avenir des libéraux est aujourd´hui entre leurs mains. À demain.



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LES REACTIONS
Envoyée par : GEORGES DELAMARE le 05/10/2009 :
Du beau linge, en effet un linge déjà très salle! Rien que du vieux, des bouffeurs de médecins habituels, des fonctionanires et des préfets réquisitionneurs. Les ingrédients habituels pour le plus fabuleux ratage dans le domaine de la saté depuis le
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Envoyée par : Jean RICOIS le 05/10/2009 :
Un bouton stop pour empêcher des installations... alors qu'on ne s'installe presque plus ! Ils sont sérieux les décideurs ? Leur arrive-t-il de se renseigner sur ce qui se passe dans le pays ? Bande d'incompétents, ça va péter!





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