Diabétologie par Pr Philippe Chanson le 27-04-2011Réagissez

La métabolimique ou comment prédire le risque de développer un diabète

Wang TJ et al. Metabolite profiles and the risk of developing diabetes. Nature Med 2011 ; 17 : 448-453.
Langenberg C et Savage DB. An amino acid profile to predict diabetes ? Nature Med 2011 ; 17 : 418-420.

Les maladies métaboliques comme le diabète sont souvent présentes plusieurs années avant de devenir patentes cliniquement. Ainsi, avant qu’un déficit en insuline se manifeste sous forme d’une hyperglycémie et qu’un diagnostic de diabète de type 2 soit fait, il existe une phase de latence marquée déjà par une insuffisance de la cellule b. Les prédicteurs cliniques et biochimiques comme l’indice de masse corporelle ou la glycémie à jeun peuvent être utiles pour évaluer le risque de diabète mais ils sont souvent le reflet d’une maladie déjà avancée et ne deviennent vraiment utiles que peu de temps avant le développement d’un diabète patent.

De nouvelles technologies récemment mises au point permettent maintenant d’avoir des profils très précis du statut métabolique à l’échelle d’un organisme entier : il s’agit des profils de métabolites ou de la métabolomique. Cette technique permet l’évaluation d’un nombre très important de métabolites qui sont des substrats ou des produits de voies métaboliques, particulièrement utiles pour étudier les maladies métaboliques comme le diabète.

Des études transversales récentes ont montré des différences de profil métabolique avant et après charge en glucose ainsi que chez les obèses en comparaison des sujets minces. Ces études ont montré des différences dans l’abondance des acylcarnitines, C3 et C5, de la glutamine et du glutamate et d’autres acides aminés ou d’autres petites molécules.

Des chercheurs américains de Harvard Medical School se sont donc demandé s’il ne serait pas possible, avant l’apparition d’un diabète, de prédire le développement de celui-ci en étudiant les profils métaboliques d’un certain nombre de sujets. Ils ont donc investigué le profil métabolique de 2422 sujets normoglycémiques qui ont été suivis pendant 12 ans ; 201 de ces sujets ont développé un diabète. Les acides aminés, les amines et les autres métabolites polaires ont été profilés dans les spécimens sanguins prélevés au début de l’étude grâce à une spectrométrie de masse couplée à une chromatographie liquide (liquid chromatography-tandem mass spectrometry - LC-MS). Les cas et les témoins ont été appariés pour l’âge, l’indice de masse corporelle et la glycémie à jeun. Cinq acides aminés aromatiques et à chaînes latérales sont associés de manière hautement significative avec la survenue ultérieure d’un diabète : isoleucine, leucine, valine, tyrosine et phénylalanine. Une combinaison de 3 de ces acides aminés prédit un diabète futur (avec un risque plus de 5 fois supérieur chez les individus du quartile supérieur). Ces résultats ont été répliqués dans une cohorte prospective indépendante.

Ces données soulignent donc l’intérêt potentiel d’étudier le métabolisme des acides aminés tôt dans la pathogénie du diabète et suggèrent que l’étude d’un profil des acides aminés pourrait aider à l’évaluation du risque de diabète.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21423183

Réduire la taille du texte Aggrandir la taille du texte
publicité


Votre avis

Un parlementaire peut-il continuer à exercer la médecine ?:

Développement professionnel continu

L'OFFRE DU MOIS

165,00€  /  120 €

Les dossiers médicaux traités sous l'angle du parcours du patient en 6 étapes clés !
 

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON
 
egora.fr © Global Média Santé / Site certifié par O.J.D / Membre de l’association Isidore